L’écriture & moi
D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé la lecture et l’écriture. Pour ce qu’il en est de la lecture, eh bien, je suis tombée dedans lorsque j’étais petite. Si bien que ce goût prononcé pour la littérature me suit depuis près de 20 ans (même moi je crois que je ne me rends pas compte : je franchis ce cap cette année). À la maison, chez mes grands-parents, avant de dormir, après le repas, le matin, le soir… tous les moments étaient bons pour lire en famille et à haute voix ! Je chéris ces beaux souvenirs.
Puis, très vite, l’envie de raconter des histoires a pris une grande place dans ma tête. J’ai conservé tous mes cahiers où fleurissaient de nombreuses idées. Ma première histoire était même illustrée.
Vers l’âge de dix ans, je me suis mis en tête d’écrire une histoire que je traduirai en trois langues : en français, en allemand et en anglais ! Et… c’est ce que j’ai fait. Alors, oui, certes, je ne suis pas allée au bout de cette idée ambitieusement farfelue, mais j’avais écrit les premiers chapitres (du reste, je ne me souviens plus du tout de l’histoire…). J’étais assise sur le canapé du salon, un sous-main sur les genoux, mes trois feuilles de papier étalées devant moi. Bah, oui : pourquoi attendre d’avoir terminé d’écrire l’histoire si on peut la traduire simultanément ?
Puis à douze ans, inspirée par tout ce que je voyais – que ce soit des films ou des dessins animés – et poussée par un élan d’agacement (dû, sans nul doute par ma soeur lors d’une randonnée en montagne), a germé une histoire aux personnages haut en couleur. De ceux qui prennent racine dans votre esprit sans vouloir s’enlever, plus tenus encore que des mauvaises herbes. Une jeune femme vivant dans une grande maison, au grand jardin, entourée de ses vingt chiens (oui, je sais, j’abusais un peu) ainsi que de sa famille et de ses amis. Une histoire d’amitié et de secrets, soupoudrée de surnaturel.
Le truc, c’est que, bien qu’une première partie de cette histoire a vu le jour, la suite et la fin n’est encore qu’un enchevêtrement de pensées pèle-mêle dans ma tête. Je n’ose pas compter le nombre de fois où j’ai recommencé à écrire cette histoire, le début ne me convenant pas, l’écriture trop enfantine, des détails manquant, etc.
Ces personnages ne sont peut-être pas vivant sur le papier, mais dans mon esprit, ils le sont. Quand je me penche sur les premières versions de ce texte, je vois toutes les inspirations qui ont fait de ce projet ce qu’il est aujourd’hui. J’ai l’impression que ce récit est aussi une phase de « test ». J’y tiens beaucoup. J’ai envie au plus profond de mon coeur de le terminer un jour. Mais surtout : j’ai envie qu’il me fasse voyager et qu’il ne me déçoive pas. Si je dis « test », c’est parce que je me pose un grand nombre de questions quant à cette histoire : comment élaborer une intrigue digne de ce nom ? Quelles sont les motivations des protagonistes et des antagonistes ? Qu’est-ce qui peut bien les rendre attachant ? Comment mêler amitié et famille, sans que les parents ne prennent trop de place ? Comment réussir à articuler correctement les parts de descriptions ainsi que l’action ?
Toutes ces questions, parfois j’y réponds et avance progressivement, et à d’autres moments, je reste bloquée. Et bien que le podcast Duo de plumes ne puisse pas répondre à toutes mes interrogations – qui nécessitent des réponses de moi uniquement – Cyril et Catherine m’aident énormément. J’aime écouter leurs conseils, leur parcours, les détails auxquels il faut faire attention en commençant, les points qu’il faudrait clarifier pour être en accord avec soi sur ce que l’on veut, avant de se lancer. Plein d’aspects de l’écriture dont je n’avais pas pris ainsi conscience. Bien sûr que je rêve d’être un jour publiée, mais c’est vrai que je ne me suis pas vraiment posé la question du comment. En bref, ce que j’aime avec ce podcast, c’est la joie de vivre de Catherine et Cyril, leurs conseils et leurs idées à n’en plus finir. Ils me permettent de voir sous un autre angle ce sujet qui me titille depuis des années.
Au fil du temps, j’ai posé mon propre diagnostic sur ce qui ne va pas :
1) Les idées de personnages, de thèmes et d’histoires ne manquent pas, ma tête en regorge même. Le truc, c’est que je n’arrive pas à les aligner et les mettre bout à bout pour créer une histoire en entier.
Pour illustrer mon propos, je vous donne un exemple : Etania a des pouvoirs surnaturels, sa famille est spéciale, on lui cache des secrets, des « méchants » veulent sa peau pour différentes raisons… mais quel est le dénouement ? Comment passer d’Etania qui découvre ses pouvoirs à Hélène qui lui cache la véritable raison de ce don, à une fin correcte, sans oublier les péripéties entre d’eux ?
Peut-être que devrais me pencher davantage encore sur les épisodes que j’ai loupé de Duo de plumes !!
2) J’adore écrire. Je ressens très souvent cette envie de le faire. Même plus qu’une envie, c’est un besoin. Un besoin viscéral. Il m’étreint la poitrine en la serrant avec un brin d’excitation. Sauf que… je ne saute jamais vraiment le pas. Je suis une insatisfaite chronique. Ou plutôt, j’érige peut-être de trop hautes et trop grandes attentes quant à ma plume. Parce que c’est bien en forgeant qu’on devient forgeron et qu’en écrivant qu’on devient écrivain. Vous savez à quel point j’aime les belles plumes. Et par conséquent, mon envie de poser de beaux mots est, elle aussi, très présente. Le truc, c’est que je ne suis que rarement satisfaite.
Et puis, il y a quelques jours, j’ai terminé un film qui m’a remuée. J’ai beaucoup aimé les différents points de vue, les sujets abordés, je me suis laissé transporter par les émotions des personnages et ça m’a donné envie d’en écrire l’histoire en m’en inspirant. Le jour d’après, j’ouvre mon ordinateur j’écris deux chapitres ou trois, sans m’arrêter, comme ça, à la suite. J’ai aimé cette sensation. J’étais dans le flow. Plus rien n’existait autour de moi. Le jour d’après, rebelote, pendant une heure et demi, j’ai écris, écris, écris en ne relisant surtout pas ce que j’avais lu la veille, de peur de vouloir tout re-modifier, tout changer. Après ces deux temps d’écriture, bien que j’ai énormément aimé ces moments, je me suis rendu compte que ce n’était peut-être pas la bonne idée de s’inspirer directement d’un film et de l’écrire. Je voyais plus ou moins les fêlures de mes personnages, mais mes 22 pages et six chapitres comportaient davantage de dialogues que de descriptions. Alors, oui, en chroniqueuse que je suis, je me suis dit que ça pouvait également fonctionner, d’avoir des romans qui ont peu de descriptions. Et puis même si j’avais apprécier ces moments, je sentais au fond de mon que quelque chose clochait. Je trouvais mon texte fade. Et j’en ressortais peu convaincue. J’avais l’impression d’avoir perdu mon temps. Pour dire vrai, c’est normal : je ne connaissais pas du tout mes personnages, savais plus ou moins dans quelle direction je voulais aller mais ce n’était pas forcément la bonne idée de se lancer ainsi sur un coup de tête. Ou que oui ? Peut-être que je me suis rendu compte que je pouvais écrire, si je le voulais, sans me soucier de mon style.
C’est sûrement ça mon problème. Trop me préoccuper de certains détails qui font que je me bloque entièrement et que je n’arrive pas à avancer. Qui sait, je devrais peut-être reprendre une autre histoire commencée, et la continuer sans relire et enfin y mettre le point final ?
L’écriture a un caractère très ambivalent de mon côté : elle m’attire énormément, me passionne mais elle me fait également extrêmement peur. C’est sûrement bête. Je devrais voir mes exigences à la baisse. Peut-être. On verra.
Je vous tiendrai au courant 😉
Et voilà, je crois que mes doigts me démangeaient. À défaut d’écrire une histoire, enfin un livre, un vrai, je sais que je peux toujours me tourner vers mes carnets ou mes chroniques… et puis, après plus d’une semaine à écrire un travail de droit… j’avais besoin d’un autre style 😂
Merci de m’avoir lue ♥️
✨Clarisse ✨


